By Zam Nakityo

L’espoir Au-Delà Des Frontières : Comment Les Femmes Migrantes Changent Leur Destin

Par Zam Nakityo

Translated by Ngo Fidele Juliette

Introduction  

Le concept de libre circulation des personnes en Afrique, promu par l’Union africaine (UA), vise à faciliter la circulation sans restriction des personnes et des biens à travers les frontières, en favorisant l’intégration régionale, le commerce et la croissance économique. Le soutien de longue date de l’Ouganda à l’intégration régionale, notamment à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en a fait l’un des pays les plus ouverts de la région, encourageant le commerce, la circulation et les nouveaux départs. 

L’Agenda 2063 de l’UA a pour objectif de permettre l’entrée sans visa des citoyens africains sur l’ensemble du continent, de promouvoir l’intégration continentale et de faciliter la circulation des personnes et des biens à travers l’Afrique à des fins commerciales, touristiques et professionnelles. 

Le protocole de libre circulation de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) a été établi afin de promouvoir l’intégration régionale et la coopération en vue du développement économique, politique, social et culturel. 

Contexte  

À l’échelle mondiale, les femmes migrantes continuent de représenter une part importante de la population migrante, avec 48,1 % des migrants en 2020, contre 49,4 % en 2000. Selon les données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), environ 51 % de la population migrante en Ouganda est composée de femmes, ce qui signifie qu’environ 870 000 femmes migrantes résident dans le pays, les femmes et les enfants représentant 79 % de la population migrante totale.  

L’ONU a défini des conventions et des recommandations visant à protéger les droits des femmes migrantes, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), souvent appelée « Déclaration des droits des femmes », qui fournit un cadre pour l’élaboration de politiques migratoires sensibles au genre. La recommandation générale n° 26 sur les travailleuses migrantes, qui s’inscrit dans le prolongement de la CEDAW, offre des conseils spécifiques sur les politiques migratoires tenant compte de la dimension de genre. 

https://www.datawrapper.de/_/DZtRH(Le lien montre une carte des États d’Afrique de l’Est qui mettent en œuvre le protocole sur la  libre circulation) 

Partout en Afrique, les femmes se déplacent d’un pays à l’autre, franchissent les frontières et dépassent leurs limites personnelles, réécrivant ainsi l’histoire sous le signe de la force, du savoir-faire et du changement social. L’Ouganda, connu pour sa position progressiste en matière d’intégration régionale et ses politiques d’ouverture dans des cadres tels que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le Protocole de l’Union africaine sur la libre circulation, est devenu un terrain fertile où de nombreuses femmes migrantes sèment des graines d’espoir. 

 

Les femmes migrantes en Ouganda leur histoire sous le signe de la persévérance, du courage et de la victoire, loin des lieux qu’elles considéraient autrefois comme leur foyer. 

 

Promotion de la santé au-delà des frontières 

Francine Ziruka Mwozi, affectueusement surnommée « Mama Francine », est une mère congolaise de sept enfants qui réside dans le centre de Kitebi, dans le district de Wakiso. Elle accueille les invités avec un sourire agréable, entourée de personnes de tous horizons, vêtue d’un chemisier et d’une jupe en kitengi, et coiffée d’un bandeau en kitengi en ce mercredi matin froid. 

Depuis son arrivée en Ouganda en août 2011, elle consacre sa vie à l’entrepreneuriat et à la promotion de la santé afin d’améliorer la vie des femmes migrantes. 

« Il n’y avait pas d’autre pays entre le Congo et l’Ouganda, le passage de la frontière n’était donc pas compliqué », explique-t-elle. « Nous sommes arrivés ici en bus. Nous devions seulement prouver que nous étions congolais. Après avoir été nommée chancelière de la santé dans toutes les communautés de réfugiés africains, Mwozi, jadis assistante sociale et administratrice communautaire dans son pays d’origine, travaille encore aujourd’hui comme conseillère en matière de VIH. Elle s’acquitte de ses tâches sans interruption et avec fierté. Elle sourit et ajoute : « Je suis toujours une assistante sociale, et mon parcours ne s’est pas arrêté à la frontière. ».  

L’adoption en janvier 2018 du Protocole de l’UA sur la libre circulation des personnes (2018) a pour objectif de faciliter la mise en œuvre progressive des droits d’établissement, de résidence et de libre circulation des personnes dans toute l’Afrique. 

 

Photo de Francine Ziruka Mwozi 

Touch and Smile Development, une organisation communautaire agréée fondée par Mme Mwozi, propose des services de santé tels que des conseils en matière de VIH, des formations pour coiffeurs, des cours de couture, des ateliers de fabrication de savon et des programmes de nutrition infantile. 

« C’est une expérience personnelle qui m’a poussée à créer Touch and Smile Development », explique-t-elle. « Peu après notre arrivée en Ouganda, mon fils est tombé malade. À l’époque, je ne parlais que le français et le swahili, alors je l’ai emmené d’urgence à l’hôpital. Je ne me faisais pas comprendre et il était difficile d’obtenir des soins médicaux. J’ai alors eu l’idée de créer une entreprise qui aiderait les personnes dans des situations similaires ». 

Depuis sa création, le groupe apporte un soutien émotionnel et des conseils aux femmes dans des hôpitaux tels que Kiruddu, Mulago et la clinique Bbosa. Grâce à l’entrepreneuriat, Mwozi permet aux femmes ougandaises et migrantes de prendre un nouveau départ. 

éCertains jours de marché, nous vendons le savon liquide que nous apprenons aux femmes à fabriquer. L’argent ainsi récolté est réinvesti dans l’organisation pour nous aider à fournir de la nourriture et d’autres produits de première nécessité aux membres qui en ont besoin », explique-t-elle. 

L’organisation collabore étroitement avec les hôpitaux et les équipes sanitaires des villages afin d’étendre ses services aux communautés mal desservies. 

« Lorsque nous organisons des campagnes de santé, nous écrivons aux pour leur demander de mettre à disposition des médecins bénévoles. De cette façon, les gens peuvent bénéficier de soins médicaux sans avoir à payer des frais exorbitants », ajoute Mwozi. 

Photo de Francine Ziruka Mwozi lors de ses séances de conseil dans les locaux de Touch and Smile Development. 

Au-delà de la fourniture de services de base, elle promeut l’autonomisation économique et le développement inclusif. « Si vous êtes un migrant et que vous possédez des qualifications et des documents nécessaires, vous pouvez obtenir des emplois de qualité », poursuit-elle. « J’ai mis à profit la seconde chance que m’a offerte l’Ouganda pour aider les autres.”. En tant que dirigeante, c’est ce qui compte le plus, et Mme Mwozi a toujours accordé une grande importance à la coopération internationale. 

Elle décrit comment elle a pu voyager, participer à des forums régionaux sur le leadership et collaborer avec d’autres femmes leaders à travers l’Afrique grâce au protocole du marché commun de l’Afrique de l’Est de 2010 qui accorde aux citoyens des États partenaires de la CAE le droit de circuler librement, de chercher un emploi et de résider dans n’importe quel autre État partenaire. Ledit protocole reconnaît le droit d’établissement, permettant aux femmes de créer des entreprises ou d’exercer une profession libérale.  

(Vidéo de Francine Ziruka ) 

 

Éducation et leadership au-delà des frontières 

Grâce à l’engagement de la CAE en faveur de la libre circulation et de l’accès à l’éducation, des jeunes femmes comme Sabrin Rizgala ne se contentent pas de franchir les frontières ; elles accèdent à des postes de direction, transformant la migration en un parcours riche de sens et de possibilités. 

Étudiante sud-soudanaise à l’université de Victoria de Kampala, Sabrin Rizgala a transformé son expérience de la migration en un parcours de leadership, d’éducation et d’espoir. 

En février 2014, Sabrin et sa famille ont quitté Rokon, à Juba, pour s’installer en Ouganda. 

Grâce à des dispositifs à l’échelle continentale qui permettent aux étudiants d’étudier dans toute l’Afrique, le parcours académique de Sabrin montre comment les politiques pourraient permettre aux étudiants d’accéder aux meilleures opportunités d’apprentissage sans être limités par les frontières. 

« Nous avons émigré à la recherche d’une éducation de qualité », poursuit-elle, « mon père voulait que nous ayons accès à une meilleure éducation, ce que nous avons finalement obtenu ici ». 

Sabrin raconte comment ils ont pris un bus pour l’Ouganda et sont arrivés à Kampala, la capitale du pays. Elle raconte qu’ils ont été aidés dans leur déménagement par un ancien locataire du Soudan du Sud qui avait un fils à Kampala. Sabrin, qui prépare actuellement une licence en études des médias et en journalisme, estime que son expérience de migrante lui a été bénéfique. 

Comme l’université l’a acceptée et a toujours accueilli les étudiants internationaux quel que soit leur statut, elle affirme que le fait d’être migrante ne l’a pas exclue. « Je n’ai jamais été victime de discrimination », poursuit Sabrin. Ayant été élue présidente de l’Association des étudiants sud-soudanais de l’université de Victoria, Sabrin n’est pas seulement une étudiante, mais aussi une dirigeante. Elle affirme que ce poste lui a permis de se sentir chez elle en lui offrant une plateforme pour exercer ses droits en tant qu’être humain plutôt qu’en tant que migrante. 

Elle souhaite utiliser son expertise en journalisme pour mettre en lumière les expériences des migrants comme elle et servir de porte-parole pour unir des personnes d’horizons différents. « Je veux utiliser ma carrière pour raconter des histoires qui comptent et aider les gens à se comprendre. En outre, Sabrin soutient la libre circulation entre les nations africaines, appelant les dirigeants à faciliter les déplacements transfrontaliers et l’installation des Africains. 

Grâce au programme de mobilité universitaire de l’Union africaine, des femmes comme Sabrin peuvent contribuer au paysage universitaire africain, fréquenter des établissements à l’étranger et obtenir des bourses. La politique de la CAE en matière d’égalité des sexes (2018), qui garantit la libre circulation, est accessible et équitable pour les femmes et les filles, leur permettant non seulement de se déplacer, mais aussi de diriger et de prospérer, quel que soit leur pays d’origine. De telles politiques facilitent la poursuite de la réussite académique des femmes et leur permettent de former des réseaux qui, à terme, profiteront au continent. 

Une photo de Sabrin Rizigala dans le studio de l’université 

(clip audio sur les femmes migrantes en Afrique de l’Est) 

 

Enseignement, paix et plaidoyer numérique 

Dans le cadre du protocole du marché commun de la Communauté de l’Afrique de l’Est, le droit de se déplacer, de travailler et de s’établir au-delà des frontières n’est pas seulement une disposition juridique ; c’est une bouée de sauvetage pour des femmes comme Sumaya Awil Mohamed, qui se construisent un nouvel avenir loin de chez elles. 

Sumaya Awil Mohamed, qui a immigré en Ouganda depuis Kismayo, en Somalie, raconte son parcours de transformation, assise dans un bureau avec une bibliothèque en arrière-plan, arborant un beau sourire et portant un hijab noir. « J’avais déjà arrêté d’aller à l’école lorsque nous sommes arrivés en Ouganda. Cependant, j’ai eu la chance de reprendre mes études après notre arrivée dans ce pays. Cette opportunité a transformé ma vie, et j’en suis encore très reconnaissante ». 

 

Photo de Sumaya Awil Mohamed 

Sumaya est aujourd’hui enseignante ; elle travaille comme humanitaire pour l’organisation People for Peace and Defense of Rights (PPDR) et enseigne l’anglais. Elle fait également la promotion de l’organisation sur les réseaux sociaux, utilisant les canaux en ligne pour faire entendre la voix des groupes sous-représentés. Sumaya espère voir davantage de diplômés en 2025, même si, en tant qu’enseignante, elle a eu le privilège de voir nombre de ses élèves obtenir leur diplôme, certains en 2023 et d’autres en 2024. Sachant qu’elle a contribué à leur parcours, elle est fière de les voir réussir. 

« Mon foyer est désormais l’Ouganda. Dans ce pays libre, vous pouvez créer une entreprise, mener une vie tranquille et réaliser vos ambitions. Pour les gens comme moi, la seule restriction est que nous ne pouvons pas participer à la vie politique ougandaise. Néanmoins, je suis reconnaissante de la liberté et de la tranquillité que cette nation a apportées à ma famille et à moi-même.  

Sumaya Awil Mohamed est au centre avec quelques-uns de ses étudiants lors de la cérémonie de remise des diplômes. 

Le soutien apporté par le protocole de Maputo à la participation économique et à la liberté de circulation des femmes est en parfaite adéquation avec leur droit à l’éducation et à l’emploi dans un pays pacifique. La vision décrite dans ces cadres pour l’autonomisation des femmes migrantes qui contribuent à la société se reflète également dans son travail en tant que défenseure humanitaire et enseignante. 

(Vidéo de Sumaya) 

Construire un nouvel avenir grâce à la libre circulation 

Dans une région où la Communauté d’Afrique de l’Est envisage l’égalité d’accès aux opportunités entre les États membres, Rolene Byamana concrétise cette vision. Elle est couturière professionnelle, preuve que la coopération transfrontalière n’est pas seulement une question de politique, mais aussi une affaire personnelle.  

À 29 ans, Rolene Byamana est mariée et mère de six enfants. Elle est l’heureuse propriétaire de Smartness Vibe, une entreprise de couture en pleine expansion située à Nsambya Kirombe, dans le département de Makindye. 

Vêtue d’un jean noir et d’un chemisier sans manches, un mètre ruban négligemment drapé autour du cou, Lawrene est assise devant sa machine à coudre, un sourire chaleureux aux lèvres, discutant avec ses clients et enfilant le tissu avec une aisance acquise par l’expérience.  

Elle a commencé à coudre peu après son arrivée en Ouganda en 2015, travaillant initialement à domicile. Au fur et à mesure que la demande pour son travail augmentait, ses ambitions grandissaient également, ce qui l’a incitée à déménager son entreprise dans un endroit plus visible et plus accessible. 

Rolene s’approvisionne en tissus kitenge aux couleurs vives directement au Congo, son pays natal, en utilisant des transactions d’argent mobile. Les matériaux sont ensuite envoyés par bus à Kampala, reliant ainsi de manière transparente ses racines à son présent.  

Elle attribue les avantages de la libre circulation en Afrique au fait qu’elle peut s’approvisionner en tissus dans d’autres pays, tels que le Nigeria et le Ghana, ce qui a ajouté de la variété et de la valeur à son travail. 

Malgré les obstacles linguistiques ou le manque d’acceptation locale de leurs qualifications professionnelles, le protocole de Maputo garantit à des femmes comme Rolene le droit à l’indépendance économique. Son droit de circulation lui a permis d’améliorer ses compétences et de gagner en autonomie.   

Photo de Rolene Byamana, une couturière migrante, devant sa machine à coudre 

Déterminée réussir dans son nouvel environnement, Rolene a également appris le luganda, la langue couramment parlée dans le centre de l’Ouganda, une compétence qui l’a aidée à nouer des liens plus étroits avec ses clients et à se constituer une clientèle fidèle. 

Grâce à des accords tels que la ZLECAf, qui vise à faciliter la circulation transfrontalière, et au protocole de 2010 sur le marché commun de la CAE, qui ouvre la voie aux femmes entrepreneurs, aux professionnelles et aux leaders communautaires pour qu’elles puissent s’épanouir au-delà des frontières, les femmes ont trouvé de nouveaux foyers et de nouvelles carrières, prouvant ainsi que lorsque la circulation est facilitée, le talent et l’ambition ne connaissent pas de frontières. 

L’histoire de Rolene illustre l’importance de la liberté de circulation dans le cadre du protocole de l’UA sur la libre circulation, qui lui permet de voyager et de travailler.  

Le parcours d’une entrepreneuse mobile 

À chaque pas qu’elle fait dans un nouveau pays, Glorieus Asigiwe porte en elle non seulement de l’espoir, mais aussi l’ambition audacieuse de diriger, de travailler et de prospérer au-delà des frontières. 

Glorieus Asigiwe, mère de deux enfants et mariée, arpente les rues de Kampala avec son commerce soigneusement rangé dans une valise, une boutique mobile remplie de boucles d’oreilles, de colliers, de parfums et de montres. 

Originaire de Goma, en République démocratique du Congo, Glorious vit en Ouganda depuis deux ans. Elle vend ses bijoux en les proposant à la vente ambulante, s’approvisionnant à Gaza Land et Kikuubo, deux des centres commerciaux les plus animés de Kampala. 

Bien qu’elle soit titulaire d’une licence en développement de la petite enfance, Glorious a choisi l’entrepreneuriat pour subvenir aux besoins de sa famille. Son entreprise lui a permis d’épargner, d’envoyer ses enfants à l’école et de contribuer aux dépenses du ménage aux côtés de son mari. 

Elle touche davantage de clients en publiant ses produits sur son statut WhatsApp et en utilisant les réseaux sociaux pour accroître sa visibilité et élargir sa clientèle. 

Photos de Glorieus Asigiwe présentant sa boutique de bijoux mobile 

Son parcours d’entrepreneur migrant reflète la réalité croissante de l’intégration régionale. Avec l’adhésion récente de la RDC à la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), Glorieus voit un espoir dans le protocole de la CAE sur la libre circulation des personnes, qui facilite la migration, l’emploi et les opportunités d’affaires à travers les frontières. 

Elle est convaincue que ces efforts régionaux permettront à des femmes comme elle de se déplacer plus facilement, d’étendre leurs activités à de nouveaux marchés et de transformer de petites entreprises en entreprises durables. 

(Vidéo d’Asifiwe ) 

 Ces femmes, qui ont toutes connu des parcours différents, sont des leaders, des soignantes, des bâtisseuses et des actrices du changement, en plus d’être des migrantes. 

Leurs expériences démontrent que les femmes ne se contentent pas de survivre, mais qu’elles améliorent également les régions dans lesquelles elles s’installent lorsqu’elles ont la liberté de voyager, d’accéder aux ressources et de se faire entendre. L’avenir d’une Afrique plus connectée et plus inclusive est façonné par sa ténacité et sa bravoure, qui parlent plus fort que les mots. 

Pour les femmes qui traversent les frontières avec des rêves dans le cœur et de la force dans leur démarche, l’avenir n’est plus une promesse lointaine, c’est un chemin qu’elles tracent avec audace, pas à pas, vers le leadership, les opportunités et un changement durable. 

Organisations de la société civile et décideurs politiques 

De nombreuses lois ont été mises en œuvre pour faciliter la circulation des hommes et des femmes, selon Kevin Githuku, fondateur de l’organisation African Migrant Narratives. « Oui, les femmes sont autorisées à se déplacer librement comme tout le monde, mais elles sont encore confrontées à de nombreux défis », déclare-t-il. 

Les femmes traversent les pays en bus et en avion. M. Githuku affirme avoir aidé des femmes du monde entier à se réinstaller. Les gens se déplacent pour diverses raisons, telles que l’éducation, l’autonomisation ou les conséquences du changement climatique, ou encore parce qu’ils sont réfugiés ou demandeurs d’asile. 

Mais tous les pays n’acceptent pas les femmes migrantes de la même manière. Dans certaines régions, les femmes ont du mal à voyager ou à vivre en toute liberté en raison de normes culturelles ou de réglementations strictes telles que la charia. 

Githuku poursuit : « Certaines pays africaines tentent de promulguer des lois et des politiques qui favorisent la liberté de circulation des femmes sur le continent ». 

Il imagine un avenir où les femmes pourront diriger des entreprises partout en Afrique sans être entravées par des réglementations inutiles. Dans des zones comme le centre-ville de Kampala, il déclare : « Je veux voir des femmes migrantes faire des affaires, acheter et vendre des marchandises au-delà des frontières sans aucune restriction. » 

Githuku estime que même si les femmes africaines sont résilientes et prêtes à voyager, il reste encore beaucoup à faire pour garantir leur sécurité. « Là où règne la paix, les femmes vont. » Selon lui, les pays doivent déployer beaucoup d’efforts pour s’assurer que les lois qu’ils adoptent profitent réellement aux femmes. 

Levis Chidolo, fondateur de Voice of Refugee Media (VORM), a plaidé en faveur de changements politiques immédiats pour aider les groupes de migrants vulnérables, en particulier les femmes. « Les femmes migrantes doivent être prises au sérieux », a-t-il déclaré. 

Il affirme que les contrôles aux frontières devraient donner la priorité à la sécurité et à la dignité de tous les migrants en veillant à ce que des agents féminins soient présents. En outre, le cadre de libre circulation des Africains devrait inclure de manière proactive des mesures qui soutiennent les personnes vulnérables telles que les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes, en garantissant notamment leur accès à des soins de santé de haute qualité. 

« Nous devons mettre en place des structures de santé bien équipées qui répondent aux besoins de ces populations si nous voulons que cette vision aboutisse », a-t-il déclaré. « Les migrants ne devraient pas se voir refuser l’accès aux services de base simplement parce qu’ils ont franchi une frontière. » 

Les remarques de M. Chindolo coïncident avec les efforts déployés à travers le continent pour améliorer l’accessibilité et l’inclusivité du Free Africa Movement (Mouvement pour la libre circulation des Africains). 

Conclusion 

À travers l’Afrique, les femmes migrantes apparaissent comme de puissantes actrices du changement, surmontant les défis liés au déplacement et à la discrimination pour se construire une nouvelle vie fondée sur la résilience, l’esprit d’entreprise et le leadership. Leurs parcours témoignent de la force et du potentiel qui résident en chaque femme lorsqu’on lui offre les bonnes opportunités. 

Des cadres régionaux tels que l’Agenda 2063 de l’Union africaine, le Protocole du marché commun de la Communauté de l’Afrique de l’Est et le Protocole sur la libre circulation des personnes ont ouvert la voie à une plus grande mobilité, permettant aux femmes de traverser les frontières en quête d’éducation, de sécurité et d’opportunités économiques. Ces politiques ne sont pas seulement des outils d’intégration ; elles sont essentielles pour libérer le potentiel des femmes et favoriser un développement inclusif sur l’ensemble du continent. 

À mesure que l’Afrique progresse vers une plus grande unité, elle doit veiller à ce que le droit à la libre circulation soit accessible, sûr et source d’autonomisation pour toutes les femmes. Lorsque les femmes peuvent se déplacer librement et s’épanouir, non seulement elles transforment leur propre vie, mais elles contribuent également à bâtir des communautés plus fortes et plus prospères. 

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CLAUSE DE NON-RESPONSABILITÉ : Ce contenu a été produit dans le cadre du projet Move Africa, commandé par la Commission de l’Union africaine et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH. Les points de vue et les opinions exprimés sont ceux des auteurs uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de la GIZ ou de l’Union africaine.